| Comédienne, Chanteuse | ||
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Shadowless Sword |
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![]() Depuis quelques années, la Corée du Sud met en scène le Wu Xia Pian. L'un de ses fleurons a réussi à mettre pied en occident. Il s'agit de Musa la princesse du désert. Depuis beaucoup de films de sabre se sont engouffrés à sa suite avec plus ou moins de bonheur. Le Wu Xia Pian coréen n'a pas connu la même déification parmi les amateurs de cinéma asiatique que son compère HK. Il faut dire qu'il possède ses codes et ses puristes... y déroger est considéré un crime de lèse-majesté. On attendait beaucoup de ce film parce que l'actrice Yoon So-Yi s'est distinguée dans ARAHAN et que le réalisateur est le même que celui du très controversé et célèbre Bichunmoo (Kim Yeong-Joon). Premier point noir, le long métrage est cofinancé par la New Line, un risque énorme d'édulcoration pointe son morceau de sucre. Les premières images ainsi que la suite semblent être très inspirée des métrages chinois, nous sommes loin de la richesse visuelle de Legend of Gingko. Cette inspiration ne quittera pas le film. Le réalisateur semble vouloir fournir quelque chose de prestigieux, mais il n'arrive pas à décoller de sa base... faute d'un véritable scénario ? Il n'en demeure que les scènes sont collées les unes aux autres sans qu'il y ait une modularité dans leur intensité. L'émotion ne perle à aucun moment. L'actrice principale reste ultrafigée dans sa prestation dramatique. Elle dégage toutefois une bonne énergie dans les combats d'arts martiaux.
Malheureusement, la chorégraphie qui en jette un maximum n'est en aucun cas agréable à regarder car les enchaînements de plans ne sont pas forcément "raccords". Les mouvements ne se suivent pas dans une logique visuelle. Beaucoup d'effets déployés, mais sans écriture de la séquence de l'affrontement, le combat s'oublie vite. Les Coréens ont fait d'énormes progrès dans la chorégraphie des combats, mais restent encore toujours loin de la qualité de ceux de Hong Kong malgré la présence de Ma Yuk Sing, élève de Ching Siu Tung l'un des illustres chorégraphes de Hong Kong. Ils ne manquent pas de volonté puisque les affrontements se déroulent dans des décors très travaillés loin du terrain vague qu'affectionne les séries Z. Les images aussi ont leur cachet, le soin visuel est évident.
Le qualité visuelle des plans, le travail sur costumes et maquillages montrent tout l'argent investi. Le "blockbuster" est devant nous. Les différents personnages principaux ont leur apparat attitré. Excentriques ou tendance à la mode, grâce à leur vêtement, ils se découpent fortement de la masse des protagonistes et insufflent une certaine démesure. Même les coiffures ont bénéficié d'un soin particulier. Le méchant principal porte de surprenants "dreadlocks". Cela le rend d'autant plus mystérieux... L'histoire plutôt linéaire n'est en rien captivante. Le petit jeu de chat et souris entre les deux personnages principaux n'est pas forcément amusant malgré les tentatives de comédie Lee Seo-Jin (acteur de télévision). Le personnage de Yoon Soy Yi est trop sévère manquant totalement de caractère.
Difficile de ne pas être déçu par Shadowless Sword quand on voit les moyens engagés. Une certaine sympathie dans le sujet traité ainsi que le charisme figé de l'actrice principale sauvent toutefois les meubles. Loin des tableaux picturaux de Zhang Yimou ou autres réalisateurs asiatiques du moment, Shadowwless Sword a l'avantage de se rapprocher du Wu Xia Pian classique et efficace. Il lui manque juste de la saveur et une certaine prise de position : en quelque sorte, il lui manque la part du risque !
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Texte de : Athama | |||||
| FICHE TECHNIQUE : Titre original : Muyeong geom Réalisation : Kim Young-jun Scénario : Kim Tae-kwan, Sin Joon-hee Pays : Corée du Sud Année : 2005 Interprétation : Yoon So-Yi, Lee Seo-jin, Shin Hyeon-jun, Choi Ji Woo, Kim Soo Roh Production : New Line Cinema, Taewon Entertainment Durée : 104 min | |||||
Profitant une fois encore du regain d'intérêt pour le film d'arts martiaux traditionnel, Zhang Yimou remet le couvert après son Hero avec une ambition décuplée. Budget colossal, stars internationales (ce qui se fait de mieux respectivement à Hong Kong, au Japon et en Chine) et chorégraphies audacieuses d'un maître du genre, tout semblait réuni pour offrir aux spectateurs un modèle de Wu Xia Pian. Il manque un ingrédient, cependant, que le réalisateur semble allégrement minimiser dans ses dernières productions. Ce détail donne sa cohérence à l'oeuvre, sublime les personnages, alimente la tension des combats et l'émotion des romances, crédibilise le mélodrame. Ce détail, c'est le scénario, la sève du film.
Jin et Leo, deux officiers de l'armée impériale, voient dans le démantèlement du redoutable clan des poignards volants l'occasion de briller aux yeux de leurs supérieurs. Apprenant que Mei, la fille du défunt chef des rebelles se cache peut-être dans une maison close de la ville, ils élaborent un plan pour la piéger et la suivre jusqu'au repaire du clan. C'est sans compter sur les sentiments et les allégeances douteuses des protagonistes.
Dans tous ses films, Zhang Yimou nous a habitué à un visuel très léché. Dans Hero, celui-ci s'est fait étourdissant, et pour Le secret des poignards volants, force est de reconnaître que le réalisateur chinois s'est surpassé. Le look du film est tout simplement époustouflant. Le faste de la dynastie Ming est omniprésent à travers des décors et des costumes splendides. Leurs motifs chamarrés sont d'une complexe beauté qui rend hommage au travail artisanal de l'époque. Ce jeu sur les couleurs est présent tout au long du film, qui parcoure l'ensemble du spectre visible, de la forêt verte foncée aux plaines ocres ou blanches en passant par le rouge chatoyant caractéristiques de l'intérieur des maisons citadines. Tel un peintre, Zimou nous livre un tableau impressionnant de la Chine en faisant preuve d'une poésie visuelle rare. Le choix des couleurs et le cadrage sont d'une précision chirurgicale, et constituent une merveille pour les yeux, mais en deviennent malheureusement très artificiels. Ainsi, les magnifiques paysages chinois perdent à travers les retouches digitales une grande partie de leur charme naturel.
Et c'est certainement là le défaut principal du film. Il devient évident, à travers la mise en valeur méthodique de tout élément visuel, que Le secret des poignards volants est une admirable coquille vide, une sorte de poudre aux yeux. La trame, simpliste, fait en cela référence au canevas des films de Wu Xia Pian, plus destinés à glorifier des valeurs traditionnelles (sacrifice, sagesse, courage) et morales (fidélité, honnêteté) qu'à innover sur le fond (le sens du film) ou sur la forme (chronologie, suspense). Cependant, Yang Zimou ne saisit pas cette occasion de grandir ses personnages, de leur faire prendre le pas sur l'histoire, comme il est de tradition dans ce genre de film. Ses protagonistes manquent de relief car trop stéréotypés, leurs interactions peu convaincantes et leur motivations opaques, quand elles ne sont pas incohérentes. Ils n'ont pas de passé, et ce faisant, leur futur nous est indifférent. Complètement écrasés par une mise en scène qui fait la part belle à tout ce qui n'est pas humain, ils errent aux hasards d'un script au dénouement faiblard et qui se résume à X trahit Y, qui trahit X mais X tombe amoureux d'Y qui trahit alors Z,... L'humour, qui parvient souvent à sauver des films au scénario aussi peu subtil, fait ici cruellement défaut et le sérieux affiché, la gravité du ton, plombent encore un peu plus un mélodrame déjà bien grossier.
La performance des acteurs en devient presque anodine, confinés dans des personnages aussi peu étoffés. Zhang Ziyi est toujours magnifique et parfaitement mise en valeur par des tenues somptueuses. Takeshi Kaneshiro est plutôt bon, même si l'alchimie avec la chinoise a du mal à fonctionner en raison du manque de consistance de leurs motivations. Andy Lau est fidèle à lui-même, gardant un visage fermé tout le long du film. Son jeu en est d'autant plus affecté que, seule faute de goût des costumes par ailleurs parfaits, son casque lui fait une tête de batracien placide. Le pari de prendre des acteurs reconnus plutôt que des cascadeurs pour un film de combat tombe donc à plat, puisqu'ils peinent à exprimer pleinement leur talent. Les combats montrent une grande maîtrise technique et une certaine originalité, mais pâtissent eux aussi d'un maigre contexte qui leur enlève beaucoup de leur substance et une bonne part de tension. La répétitivité de certaines scènes d'action (à peu près tout ce qui peut se jeter est utilisé successivement comme missile balistique) peut également lasser un spectateur qui, passé l'étourdissement visuel du début, se blase rapidement au fur et à mesure du film.
Quelque chose manque pour entretenir le plaisir et laisse un réel goût d'inachevé à la sortie de la séance. On attendait beaucoup de ces poignards volants, on est un peu déçu en les voyant atterrir...

Mélangez la folie furieuse des combats de The Blade et la beauté picturale de The Lovers et vous obtiendrez un film coréen admirable : Bichunmoo. Plus qu'admirable, Bichunmoo est un film hallucinant. Bichunmoo possède un ésthetisme réel déjà visible dans Zipang et surtout chez notre ami totalement barré Tsui Hark.
Shin-ha (Shin Hyeon-Jun) et Sullie (Kim Hee-Seon) ont grandi ensemble. L'amitié se transformant au fil des années en amour, Shin-ha décide de demander la main de sa compagne.
Mais son maître, qui l'a élevé, le lui déconseille et ses derniers espoirs s'envolent quand il apprend que le père de sa promise l'a destinée à un autre homme. Décontenancé, il rentre retrouver son vieux maître qui vient d'essuyer une terrible agression. Ce dernier, avant de mourir, avoue à Shin-ha qu'il est le seul survivant et descendant d'une ancienne dynastie, massacrée jadis par le père de celle qu'il aime. Il décide donc de faire tout ce qui est en se pouvoir (et quel pouvoir !!) pour se venger et reconquérir sa bien-aimée. Mais sa destinée est tout autre...
Bon trêve de bavardages et d'intro foireuse. Bichunmoo est un gros chef-d'œuvre. Bien sûr tout dépend de l'état d'esprit dans lequel on le visionne. Mais sachez que Bichunmoo est enjoué, virevoltant, épique, et larmoyant (peut-être est-ce le seul "défaut" du film et encore !!). Bien que se pâmer devant des coréens est plus digne que de pleurer devant un bateau qui coule.
Dans cette version de Tristan et Iseult filmée à l'épaule, tout est beau :
les acteurs : Shin Hyun Joon en détenteur des "bichuns secrets" est tout simplement fantastique en combattant dont la destinée est de se faire trahir par tous ceux qu'il côtoie. Kim Hee Sum est sans nul doute la plus belle asiatique que la Terre est jamais connue (elle est parfaite croyez-moi).
les plans : sortis tout droit de je ne sais d'où (peut-être d'un asile), ils sont construits de façon à s'inquiéter pour le cadreur.
les situations : conçues avec plus de profondeur qu'à l'accoutumée et hautement plus significatives que dans un Better Tomorrow.
Pour résumer, et pour en finir avec cet article peu reluisant et n'ayant même pas réussi à dépeindre correctement ce que j'éprouve devant ce film, Bichunmoo c'est grand, très grand et cela mériterait à plusieurs titres la distribution en salles. Et puis de toute façon la Corée c'est mortel. Ishii est un dieu vivant comme Miike et comme Sancho.
Attention, ne lisez cette interview qu'après avoir vu le film ; elle contient de nombreux spoilers majeurs !
A-t-il été difficile pour vous de vous préparer à l'interprétation du personnage du général - l'un des plus complexes de Musa ? Vous semblez être toujours sur le fil du rasoir, à cause votre âge, de la difficulté de la mission et de vos responsabilités envers votre armée. Comment percevez-vous ce personnage, et que teniez vous à développer ?
Ju Jin-Mo : Mon rôle est celui d'un jeune général. Un jeune homme qui est devenu général car son père était avant lui un général important du Royaume Coréen. Il n'a aucune expérience militaire mais essaye tout de même d'être un bon soldat - mais la situation dans laquelle il se trouve est très compliquée.
Je voulais montrer le conflit intérieur que cette situation provoque chez lui, faisant ressortir son côté presque malheureux : il a beaucoup de difficulté à extérioriser ses sentiments, mais essaye toutefois de rester constamment digne, et de faire honneur à son rang. C'est son devoir, à cause des responsabilités que l'histoire lui confie, en dépit de ce qu'il ressent.
Au début de l'histoire, ce génral n'a que le poids de la responsabilité. Son devoir est de remplir sa mission, et de ramener ses hommes chez eux sains et saufs. Seulement, quand il rencontre la princesse, sa responsabilité et son patriotisme sont confrontés à l'amour naissant, et il devient de plus en plus confus. Mais l'essentiel reste toujours l'honneur. D'où l'importance pour mon personnage de ce court dialogue entre lui et la princesse avant la dernière bataille du film - de ses dernières paroles en tant que général.
Face au personnage de Ju Jin-Mo, premier "héros" de Musa, il y a celui du sergeant interprété par Ahn Seong-Gi. On a l'impression, au fur et à mesure que le film avance, que c'est lui qui devient le personnage principal de l'histoire. Il semble être un leader né, qui assure la liaison entre les deux communautés du groupe, les chinois et les coréens.
Kim Seong-Su : Le sergeant est un homme plus âgé, un sage. Il est loyal et possède une très grande expérience du combat. Ces différentes qualités finissent par faire de lui le véritable leader du groupe, bien que le général soit le plus haut gradé du lot. C'est pour cela que je voulais que le sergeant soit le seul survivant de cette aventure. Mais en réalité, ce n'est pas un personnage important ; peut-être est-il mort en mer, ou alors est-il retourné vivre des jours tranquilles en tant que paysan en Corée : l'Histoire ne s'est pas intéressée à lui.
Il n'y a ni gentils ni méchants dans Musa, contrairement à la majorité des films qui lui ressemblent. Comment êtes-vous parvenu à maintenir cet équilibre délicat entre tous les personnages, tout au long du film ?
Je voulais effectivement qu'il n'y ait ni gentils ni méchants dans cette histoire. Tout le monde est dans la même situation - même les mongols, finalement : leur Empereur est mort, et leur Empire est sur le déclin.
Il est vrai que la princesse et le général sont tous deux des personnages avec de très fortes personnalités, conflictuelles. Face à eux, les gens du peuple sont très pauvres mais très humbles, et nobles d'esprit. Il y a donc un déséquilibre naturel, mais je voulais justement parvenir à les ramener à un même niveau d'égalité. En ce sens, le personnage médiateur de Ahn Seong-Gi joue un rôle très important : il est le symbole de cette égalité.
Cette absence de distinction claire entre le bien et le mal est toutefois certainement la raison pour laquelle bon nombre de personnes n'aiment pas Musa : qui est le méchant ? Qui est le héros ? Qui est l'acteur principal ? Qui est l'acteur secondaire ? J'ai voulu essayé de montrer que tous les personnages avait finalement la même importance au cours de l'histoire.
La princesse et le général se battent constamment contre leur propre individualisme, égoïste et forcené. Est-ce que ce conflit est pour vous la clef de cette "mise à niveau" ?
Kim Seong-Su : Tout à fait. Si par exemple nous étions abandonnés dans le désert, sous l'assaut de soldats mongols... Le plus gros problème surviendrait alors au sein de notre groupe : nous devrions faire face aux difficultés ensemble, tenter de nous entraider et de nous comprendre. Mais l'homme n'est pas généreux de nature. Il est égoïste, ne souhaite pas se faire d'amis, préfère tout garder pour lui. C'est le gros défaut des hommes. Du coup, ce conflit interne devient leur problème primordial, l'isolement et le combat contre les troupes énemies devenant des problèmes secondaires. C'est cela que je voulais montrer.
Au final cependant, en dépit de leurs différences de rang et d'origines, ils deviennent tous de véritables amis. Le général finit par comprendre le sergeant, et le sergeant finit par admettre l'autorité de son général. Le général lui-même devient plus humain. Bien qu'il ne soit pas enclin à montrer ses faiblesses, il finit par avouer à la princesse qu'il est, en réalité, faible et couard. La princesse lui avoue la même chose...
A propos de la princesse justement. Le rôle de Zhang Ziyi dans Musa semble très proche de celui qu'elle a tenu dans Tigre et Dragon. Et pourtant vous aviez commencé à travailler avant que ce dernier ne voit le jour...
C'est vrai, je ne connaissais pas l'histoire de Tigre et Dragon, et j'ai simplement tourné le film que j'avais en tête. Mais quand j'ai vu le film d'Ang Lee par la suite, je me suis rendu compte qu'il y avait les mêmes dialogues dedans ! J'ai été très surpris, mais ce n'est qu'une coincidence...
Pensez-vous que, dans le cadre de Musa, s'appuyer sur un contexte historique renforce le message d'unification, d'ouverture sur les autres cultures que vous semblez vouloir transmettre ? Peut-être le message aurait-il eu moins de force dans un film de fiction pure...
Pour parler franchement, je voulais que Musa dégage un "feeling asiatique", partagé par les peuples d'Asie. Je voulais que les spectateurs d'autres pays asiatiques soient à même d'apprécier le film. C'est effectivement le but de Musa : je voulais prouver que, en dépit de langues, de cultures ou de nationalités différentes, nos peuples peuvent s'entendre.
Au cours du film, les personnages font face à beaucoup d'obstacles, qu'ils finiront par surmonter ensemble, devenant tous des êtres humains plus complets, et par conséquent plus forts. Ils se comprennent et s'entraident et parviennent du coup à affronter une armée plus grande. Peut-être effectivement que ce genre d'histoire est idéale pour aller vers l'unification des cultures - peu importe la langue ou la couleur de peau. C'est l'esprit que je voulais que Musa véhicule.